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Perdre du poids : faut-il faire un régime sans gras ?

Ce qu’il faut retenir (en 30 secondes)

Un régime “sans gras” strict est rarement une bonne stratégie pour perdre du poids durablement. Les lipides sont plus caloriques que les glucides et les protéines, donc en abuser peut freiner la perte de poids. Mais les supprimer complètement peut aussi rendre l’alimentation moins satisfaisante, plus difficile à tenir, et parfois déséquilibrée.

L’objectif le plus efficace, en pratique, est souvent de réduire les graisses “invisibles” (produits ultra-transformés, fritures, pâtisseries, snacks) tout en gardant des sources de bons lipides, en quantité raisonnable.

Table des matières

Régime sans gras : de quoi parle-t-on exactement ?

“Sans gras” vs “pauvre en graisses” : ce n’est pas la même chose

Quand on tape “régime sans gras”, beaucoup de personnes imaginent qu’il faut bannir l’huile, le beurre, les oléagineux, les poissons gras, les œufs, les fromages… bref tout ce qui contient des lipides.

En réalité, dans la vie quotidienne, un “sans gras” strict est presque impossible (et souvent inutile). Ce qui a le plus de sens, c’est plutôt une alimentation pauvre en graisses ajoutées et mieux choisie.

Si tu hésites entre plusieurs méthodes, tu peux aussi lire notre analyse sur les régimes minceur : fausse bonne idée pour comprendre pourquoi les approches trop restrictives sont souvent difficiles à tenir.

Pourquoi cette idée revient si souvent quand on veut maigrir ?

Parce que les lipides apportent beaucoup d’énergie :

  • 1 g de lipides = kcal
  • 1 g de glucides ou protéines = kcal

Donc oui : si on ajoute “un peu d’huile partout”, plus des produits riches, plus des grignotages, les calories montent vite. Mais le raccourci “gras = grossir” est incomplet.

Est-ce que le gras fait grossir ?

Les lipides sont plus caloriques, mais pas “interdits”

On prend du poids quand on est sur la durée en excès d’énergie par rapport à ce qu’on dépense. Les lipides peuvent y contribuer car ils sont denses en calories, mais ce n’est pas une raison pour les éliminer.

Ce qui compte surtout :

  • la quantité totale sur la journée (et la semaine)
  • la qualité des aliments
  • la facilité à tenir ton alimentation sans frustration

Le vrai problème : l’excès calorique global et la qualité des aliments

Dans la pratique, ce qui fait souvent dérailler une perte de poids, ce n’est pas l’huile d’olive dans la salade. C’est plutôt l’accumulation de produits où graisses + sucres + sel sont combinés (biscuits, viennoiseries, fast-food, plats ultra-transformés), et qui rendent facile de manger plus que prévu.

Avocat coupe et bols dhuile sur table en bois illustrant les bons lipides pour la sante et une alimentation equilibrer en acides gras

Pourquoi on a besoin de lipides (même pendant une perte de poids)

Rôles clés des lipides dans l’organisme

Les lipides ne servent pas qu’à “stocker”. Ils participent notamment à la structure des membranes cellulaires et à plusieurs fonctions physiologiques. (agriculture.gouv.fr)

Les vitamines liposolubles : pourquoi “zéro gras” complique tout

Certaines vitamines (A, D, E, K) sont liposolubles, ce qui signifie que la présence de graisses dans le repas facilite leur absorption. En clair : supprimer totalement les lipides peut rendre l’alimentation moins “fonctionnelle”.

Les 4 grandes familles de graisses : lesquelles limiter, lesquelles privilégier ?

Graisses saturées : à limiter, sans les diaboliser

On en trouve dans :

  • beurre, fromages, crème
  • viandes, charcuteries
  • certaines huiles (coco, palme)

Elles ne sont pas “interdites”, mais l’idée est de les limiter et de varier les sources, surtout si l’alimentation en est déjà riche.

Graisses mono-insaturées : les alliées du quotidien

On les trouve notamment dans :

  • l’huile d’olive
  • l’avocat
  • certaines noix

Ce sont souvent des choix pratiques pour cuisiner et assaisonner, surtout dans une logique “équilibre + plaisir”.

Graisses polyinsaturées : oméga 3 et oméga 6, trouver l’équilibre

Les oméga 3 et 6 font partie des polyinsaturés. L’idée n’est pas de “traquer” un ratio parfait au quotidien, mais de retenir une chose simple : dans l’alimentation moderne, on manque souvent d’oméga 3 et on consomme facilement beaucoup d’oméga 6 via certaines huiles et produits industriels.

Pour les repères globaux sur les lipides (quantité totale et importance de la qualité), tu peux te baser sur les recommandations de l’ANSES. (anses.fr)
Et pour le contexte oméga 3 (sources, intérêt nutritionnel, stabilité/oxydation), le rapport AFSSA/ANSES est une base solide. (anses.fr)

Si tu veux une explication simple et rapide, voici notre guide : Oméga 3 : pourquoi ce bon gras est essentiel à l’organisme.

Graisses trans : à réduire au maximum

Les acides gras trans (surtout d’origine industrielle) sont clairement ceux qu’il faut éviter autant que possible : on les retrouve typiquement dans certains produits de panification industrielle, biscuits, viennoiseries et plats transformés. (anses.fr)
L’OMS recommande de limiter les trans à moins de 1 % de l’apport énergétique. (who.int)

Quelle quantité de lipides par jour quand on veut perdre du poids ?

Repères simples (sans calcul obsessionnel)

Pour la population générale, l’ANSES recommande que les lipides représentent 35 % à 40 % de l’apport énergétique. (anses.fr)

Si ton objectif est de perdre du poids, tu peux évidemment ajuster à la baisse, mais l’idée reste de ne pas tomber dans le “zéro lipide”.

Un repère très concret et souvent suffisant :

  • garder 1 à 2 cuillères à soupe d’huile par jour (assaisonnement + cuisson douce), selon ton total calorique
  • inclure des aliments qui apportent des lipides “naturels” (œufs, poisson, yaourts, oléagineux) en portions raisonnables
  • réduire les lipides “cachés” des produits ultra-transformés

Erreurs fréquentes avec le “sans gras”

  • Remplacer le gras par des produits “0 %” très sucrés ou très transformés.
  • Supprimer l’huile mais garder les biscuits “parce que ce n’est pas gras” (alors que ça peut être très calorique).
  • Se retrouver avec des repas qui ne rassasient pas, et craquer plus tard.

Quels aliments sont “sans graisse” ou très pauvres en graisses ?

La liste utile (et ce qu’il faut regarder en priorité)

Aliments généralement très pauvres en lipides :

  • fruits et légumes
  • pommes de terre nature, riz, pâtes nature
  • légumineuses (lentilles, pois chiches) : faibles en lipides, riches en fibres
  • poissons maigres (cabillaud, colin)
  • viandes maigres (poulet sans peau, dinde)
  • produits laitiers “nature” adaptés (selon tolérance et objectif)

Le point important : un aliment “sans gras” n’est pas automatiquement “minceur”. Ce qui compte, c’est la portion, la densité calorique, et ce que tu mets autour.

Attention aux pièges du “0 %”

Un produit “0 %” peut être utile, mais lis l’étiquette :

  • sucres ajoutés
  • arômes, épaississants
  • portion réelle consommée

Quel fromage quand on fait attention au gras ?

Si tu veux réduire les graisses sans supprimer les produits laitiers, tu peux regarder du côté :

  • fromage blanc “0 %” ou “allégé”
  • skyr nature
  • faisselles plus ou moins maigres (selon marques)

Et si tu tiens au fromage “classique”, la stratégie la plus simple reste souvent : garder une petite portion, moins souvent, plutôt que l’interdire (et compenser ailleurs).

Vue de produits laitiers consommes au quotidien illustrant les apports en calcium a associer a la vitamine K2

Exemple de menu “pauvre en graisses” (sans tomber dans le zéro lipide)

Objectif : garder de la satiété, éviter les cuissons grasses, et conserver des bons lipides en petite dose.

  • Petit-déjeuner : skyr nature + flocons d’avoine + fruit (ou tartines de pain complet + fromage blanc)
  • Déjeuner : grande assiette de légumes + filet de poulet ou poisson maigre + féculent (riz/pommes de terre) + 1 c. à soupe d’huile (assaisonnement)
  • Collation (si besoin) : fruit + yaourt nature
  • Dîner : soupe ou légumes cuits + omelette (2 œufs) ou légumineuses + un peu de féculent si faim

Ce menu n’est pas “sans gras” : il est surtout simple, peu transformé, et contrôlé sur les ajouts.

Huiles et cuisson : comment éviter l’excès… sans supprimer le bon gras

Quelles huiles privilégier au quotidien ?

En pratique :

  • une huile stable et polyvalente (ex : olive) pour la cuisine du quotidien
  • une huile plus fragile (ex : lin) plutôt à froid, si tu en utilises

Pour aller plus loin sur ce sujet, on a aussi détaillé les bienfaits de l’huile d’olive et les bonnes façons de l’intégrer au quotidien.

Conservation : chaleur, lumière, rancissement

Certaines huiles sont sensibles à la chaleur et à la lumière, d’où l’intérêt des bouteilles teintées et d’une conservation correcte. Sur les oméga 3, la question de l’oxydation est également discutée dans les rapports de référence. (anses.fr)

Avocat coupe et bols dhuile sur table en bois illustrant les bons lipides pour la sante et une alimentation equilibrer en acides gras

Cas particuliers : vésicule biliaire, foie gras (stéatose) et régime pauvre en graisses

  • Vésicule biliaire / calculs / douleurs biliaires : certains médecins peuvent recommander temporairement une alimentation plus douce et parfois plus pauvre en graisses, car les graisses stimulent la digestion via la bile. Mais c’est un sujet médical : en cas de symptômes, le bon réflexe est de demander un avis de professionnel.
  • Foie gras (stéatose) : l’approche la plus citée reste souvent la perte de poids progressive, l’amélioration globale de l’alimentation (moins ultra-transformé, plus de fibres, plus d’activité), plutôt qu’un “sans gras” strict.

Ici, on reste volontairement général : si tu as un diagnostic, un traitement ou des symptômes, il faut personnaliser avec un médecin.

Et les oméga 3 en complément : quand ça peut avoir du sens ?

Si tu manges peu de poissons gras, un complément en oméga 3 peut être envisagé pour compléter les apports. En Europe, des allégations encadrées existent notamment sur l’EPA/DHA et la fonction cardiaque (à certaines conditions d’apports). (europa)

Et si tu veux aller plus loin (EPA, DHA, ALA, dose et précautions), on a un guide complet : Oméga-3 (EPA, DHA, ALA) : bienfaits, dangers, dose

Important : on reste sur une logique “équilibre nutritionnel”. Un oméga 3 n’est pas un produit “brûle-graisse”.

Conclusion : faut-il faire un régime sans gras ?

Pour perdre du poids, l’approche la plus solide n’est généralement pas “sans gras”, mais :

  • réduire les excès (surtout les graisses trans et les aliments ultra-transformés),
  • choisir de meilleures sources de lipides,
  • contrôler les quantités sans supprimer totalement.

Tu peux maigrir en mangeant des lipides. Et tu peux aussi ne pas maigrir avec un “sans gras” si, à côté, tu compenses avec des produits sucrés ou des portions trop importantes.

FAQ - Perte de poids

Quels sont les aliments sans graisse ?

Les fruits, légumes, féculents nature (riz, pâtes, pommes de terre), certaines viandes maigres et poissons maigres sont très pauvres en lipides. Mais “sans graisse” ne veut pas dire “fait maigrir” automatiquement : la portion et la transformation comptent.

Souvent parce qu’on pense que c’est la façon la plus rapide de réduire les calories. Dans certains cas médicaux, un régime pauvre en graisses peut être prescrit temporairement. Mais pour la perte de poids “classique”, le zéro lipide est rarement nécessaire.

Oui, si cela crée un déficit calorique. Mais ça peut être difficile à tenir, et parfois contre-productif (frustration, compulsions, repas peu rassasiants).

L’ANSES recommande que les lipides représentent environ 35% à 40% de l’apport énergétique chez l’adulte. (anses.fr)
En perte de poids, on peut ajuster, mais sans tomber dans l’extrême.

Surtout les acides gras trans (et plus largement les produits ultra-transformés qui en contiennent). (anses.fr)

Plutôt des options allégées et nature (fromage blanc 0 %, skyr). Sinon, garder du fromage classique en petite portion et moins souvent est souvent plus réaliste que l’interdiction totale.

Plutôt que “sans gras”, vise “moins de graisses ajoutées” : cuisson simple, limiter les fritures et produits industriels, conserver 1 à 2 sources de bons lipides dans la journée.

  • ANSES – Recommandations et repères sur les lipides (quantité et qualité). (anses.fr)
  • ANSES – Les acides gras trans (origines, aliments, recommandations). (anses.fr)
  • OMS (WHO) – Fact sheet “Trans fat” (limite < 1 % de l’énergie). (who.int)
  • Rapport AFSSA/ANSES sur les oméga 3 (intérêt nutritionnel, sources, aspects d’oxydation et cadre d’allégations). (anses.fr)
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