L’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur suscite de nombreuses interrogations, notamment en matière d’alimentation. Sans entrer dans un débat politique, il est utile de comprendre ce qu’est cet accord, ce qu’il implique en matière de normes alimentaires et quels pourraient être ses effets concrets sur les produits consommés en Europe.
Le Mercosur (Marché commun du Sud) est une organisation regroupant plusieurs pays d’Amérique du Sud, principalement le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Son objectif est de faciliter les échanges commerciaux entre ses membres.
L’accord entre l’Union Européenne et le Mercosur vise à réduire certaines barrières douanières et à faciliter les échanges de biens, notamment dans les secteurs agricoles et agroalimentaires. Il ne s’agit pas d’une harmonisation totale des règles, mais d’un cadre destiné à encadrer et faciliter les importations et exportations entre les deux zones.
L’Union européenne dispose de l’un des cadres réglementaires les plus stricts au monde en matière de sécurité alimentaire. Ces règles portent notamment sur :
Dans de nombreux pays hors UE, y compris ceux du Mercosur, les normes peuvent différer sur certains points. Cela ne signifie pas nécessairement une absence de règles, mais plutôt des approches réglementaires différentes, parfois moins restrictives ou fondées sur d’autres méthodes d’évaluation des risques.
Il est important de noter que tout produit importé dans l’Union européenne doit respecter la réglementation européenne en vigueur, quelle que soit son origine.
Si cet accord soulève des questions sur les normes sanitaires, il est essentiel de faire d’abord le point sur la réalité de notre consommation aujourd’hui en lisant : En 2026, qu’y a-t-il vraiment dans notre assiette ?
En théorie, un accord commercial peut entraîner :
Pour le consommateur européen, cela pourrait se traduire par un choix plus large de produits, qui sera, théoriquement, sans modification des exigences sanitaires imposées à la vente sur le territoire européen.
Sur le plan strictement nutritionnel, l’origine géographique d’un aliment n’est pas, à elle seule, un indicateur de sa qualité nutritive. Celle-ci dépend de nombreux facteurs : variété, conditions de production, transformation, stockage ou encore mode de préparation.
Concernant les méthodes d’élevage ou de fabrication, les produits mis sur le marché européen doivent respecter les normes européennes applicables. Des contrôles sont réalisés afin de vérifier la conformité des produits importés, notamment en matière de résidus, de sécurité sanitaire et d’étiquetage.
Dans le cas de l’accord du Mercosur, des contrôles de qualité seront effectués sur les produits dès leur arrivée en Europe. Cependant, ces contrôles seront faits sur les produits prêts à la vente, ne prenant donc pas en compte les méthodes d’élevage, pour les bovins par exemple (maltraitance, qualité d’alimentation…). Dans les pays du Mercosur, les bovins sont traités aux hormones de croissance pour grandir plus vite, incluant parfois des substances même interdites en Europe, que l’on pourrait retrouver dans notre viande.
Le mode d’alimentation des bovins peut influencer la composition en acides gras de la viande. Dans certains systèmes d’élevage intensifs, comme les parcs d’engraissement (« feedlots »), les animaux sont majoritairement nourris avec des céréales et du soja. Ce type d’alimentation tend à produire des viandes présentant un ratio oméga-6 / oméga-3 plus élevé que celles issues d’animaux élevés à l’herbe. Or, dans l’alimentation humaine, un apport excessif en oméga-6 par rapport aux oméga-3 est souvent associé à un déséquilibre nutritionnel, susceptible de favoriser un état inflammatoire de bas grade lorsqu’il s’inscrit dans la durée. Ce phénomène est aujourd’hui étudié comme un facteur pouvant contribuer, parmi d’autres, au développement de troubles métaboliques, sans que la consommation ponctuelle d’un aliment donné puisse être tenue pour responsable à elle seule. [2][3]
Nous connaissons le lien entre conditions d’élevage et qualité du produit consommable [1]. L’impact direct et conséquent sur la qualité du produit final est présent à plusieurs niveaux :
En résumé, les conditions d’élevage (alimentation, logement, conduite) modulent fortement les propriétés physiques et chimiques du produit final.
Certains facteurs liés à la production et à la distribution des aliments peuvent influencer leur teneur en micronutriments. Des délais de transport longs, notamment lors de trajets maritimes de plusieurs semaines, peuvent entraîner une dégradation progressive de vitamines sensibles à l’oxydation, comme la vitamine C ou certaines vitamines du groupe B. Par ailleurs, la qualité nutritionnelle des aliments dépend en grande partie de celle des sols dans lesquels ils sont cultivés. Des sols intensivement exploités et peu renouvelés peuvent s’appauvrir en oligo-éléments essentiels tels que le zinc, le magnésium ou le sélénium, ce qui peut se traduire par des aliments présentant une densité micronutritionnelle plus faible, sans que cela soit visible pour le consommateur.
Un point central reste la traçabilité des produits alimentaires. En Europe, les obligations d’étiquetage permettent au consommateur d’identifier l’origine de nombreux aliments et de faire des choix éclairés.
Cette transparence joue un rôle clé dans la confiance accordée aux produits alimentaires, qu’ils soient d’origine européenne ou importés.
L’accord UE–Mercosur soulève des questions légitimes sur l’alimentation, mais son impact concret sur les produits consommés en Europe dépend avant tout :
Dans ce contexte, s’informer sur l’origine et la qualité des aliments reste un réflexe essentiel pour adopter une alimentation variée et équilibrée. À l’heure du Mercosur, le consommateur doit devenir un « consom’acteur » averti, capable de décrypter l’origine et la méthode de production.
L’accord en lui-même ne modifie pas directement la qualité des aliments. Tous les produits alimentaires importés et commercialisés dans l’Union européenne doivent respecter les normes sanitaires et réglementaires européennes en vigueur. En revanche, la qualité des aliments sera directement impacté par les méthodes d’élevage et de production effectives dans les pays du Mercosur, qui elles, ne sont pas aux normes Européenne.
Oui et non. Les aliments importés dans l’Union européenne sont soumis aux mêmes exigences réglementaires que les produits européens, notamment en matière de sécurité sanitaire, de résidus, de traçabilité et d’étiquetage. Des contrôles sont réalisés afin de vérifier leur conformité. En revanche, ces contrôles ne prennent pas en compte les méthodes d’élevage et de production qui ne sont pas toutes aux normes Européennes.
Les conditions de production, telles que la qualité des sols, l’alimentation des animaux ou les méthodes de culture, peuvent influencer certaines caractéristiques nutritionnelles des aliments. Toutefois, la qualité nutritionnelle finale dépend également de nombreux autres facteurs, comme la transformation, le transport et le mode de préparation.
Les transports de longue durée, notamment maritimes, peuvent entraîner une diminution progressive de certains micronutriments sensibles à l’oxydation, en particulier certaines vitamines. Cet impact varie selon la nature des aliments, leurs conditions de conservation et leur transformation.
Pour faire des choix éclairés, le consommateur peut s’appuyer sur l’étiquetage, l’origine des produits, les labels de qualité et la diversité alimentaire. Une alimentation variée et équilibrée reste un élément clé pour couvrir ses besoins nutritionnels.