Le safran est l’une des plantes les plus sérieusement étudiées pour son action sur l’humeur et l’anxiété légère à modérée, avec plus de 35 essais cliniques publiés à ce jour. Ses deux composés actifs principaux, le safranal et les crocines, auraient une action sur les mécanismes sérotoninergiques et contribueraient à la protection des cellules contre le stress oxydatif, selon les études disponibles. Les études cliniques sur le safran utilisent généralement un dosage de 30 mg par jour d’extrait standardisé. Il ne se substitue pas à un suivi médical, mais les recherches explorent son rôle potentiel dans le soutien de l’humeur en période de fluctuations hormonales.
Il y a des plantes qu’on utilise depuis des siècles sans vraiment savoir pourquoi elles fonctionnent. Le safran est l’une d’elles. Cultivé depuis l’Antiquité en Iran, en Inde et dans tout le bassin méditerranéen, le safran a toujours occupé une place à part, pas seulement comme épice, mais comme plante de confort. Pendant des siècles, les médecines traditionnelles y avaient recours, comme les textes anciens en témoignent, notamment pour accompagner les états de mélancolie, les angoisses passagères ou ce que l’on désignait sous le terme de troubles du sommeil.
Ce qui a changé, c’est que la recherche moderne a commencé à prendre ces usages au sérieux. Et les résultats sont suffisamment solides pour mériter qu’on s’y arrête, sans raccourci ni surpromesse.
Le safran n’est pas une piste marginale explorée par quelques chercheurs alternatifs. À ce jour, plus de 35 essais cliniques contrôlés ont été publiés sur PubMed sur ses effets dans le domaine du bien-être émotionnel : dépression, anxiété, troubles du sommeil, symptômes prémenstruels.
Ce volume d’études est rare pour un actif d’origine naturelle. Il s’explique en partie par l’intérêt des chercheurs iraniens, dont le pays est le premier producteur mondial de safran, mais aussi par des résultats initiaux suffisamment convaincants pour motiver des réplications indépendantes.
Ce qui distingue le safran d’autres plantes étudiées dans ce domaine, c’est la cohérence des résultats à travers différentes équipes, différents pays et différents protocoles.
Le safran n’est pas une molécule unique. C’est une matrice complexe dont deux familles de composés concentrent l’essentiel de l’activité biologique documentée.
Une étude publiée dans le Journal of Ethnopharmacology (Akhondzadeh et al., 2005) a suggéré que les composés actifs du safran, notamment la safranal et la crocine, pourraient inhiber la recapture de la sérotonine. Les auteurs eux-mêmes ont comparé ce mécanisme, en principe et à intensité bien inférieure, à celui des antidépresseurs de type ISRS comme la fluoxétine, tout en soulignant un profil de tolérance différent. Dans leurs conclusions, les chercheurs ont évoqué des pistes d’explication pour les effets observés sur l’anxiété et le sommeil dans leur cohorte.
Les crocines sont les pigments responsables de la couleur jaune-orangé du safran. Leur propriété principale, bien documentée in vitro et dans des modèles animaux, est leur puissante activité antioxydante, en particulier dans le tissu cérébral.
Le cerveau est particulièrement exposé au stress oxydatif, notamment lors de transitions hormonales comme la ménopause. Des études ont exploré la capacité des crocines à aider à protéger les cellules contre le stress oxydatif, à contribuer à limiter les marqueurs inflammatoires de bas grade et à participer à la préservation des neurones (7). Leur biodisponibilité est bonne car elles sont hydrosolubles, ce qui les distingue de nombreux autres antioxydants.
Les essais cliniques les plus cités ont été conduits par l’équipe de Shahin Akhondzadeh à l’Université de Téhéran. Dans plusieurs études contrôlées versus placebo, une supplémentation de 30 mg/j d’extrait de safran pendant 6 à 8 semaines a entraîné une réduction significative des scores de dépression mesurés par l’échelle Hamilton Depression Rating Scale (HAM-D).
Dans certains de ces essais, la réduction du score HAM-D atteignait -53 % dans le groupe safran, contre -22 % dans le groupe placebo. Ces chiffres sont à contextualiser : les études portent sur des personnes en état de déprime passagère ou de mal-être émotionnel, et non sur des situations cliniques prises en charge médicalement. Et la taille des groupes reste limitée (30 à 40 participants par bras dans la plupart des études).
C’est là que les résultats deviennent particulièrement intéressants. Plusieurs essais ont comparé directement le safran à la fluoxétine (Prozac) ou à l’imipramine sur des patients souffrant de dépression légère à modérée.
Les conclusions convergent : les auteurs de ces essais ont conclu que le safran aurait obtenu des résultats comparables à ces médicaments sur les scores de dépression légère à modérée, avec un profil de tolérance qui semblerait plus favorable dans les cohortes étudiées (moins de troubles sexuels, moins de nausées, moins d’insomnie iatrogène).
Un point important à ne pas occulter : tout état émotionnel qui s’installe dans la durée ou affecte significativement le quotidien nécessite un avis médical. Un complément alimentaire ne se substitue jamais à un suivi de santé adapté. Le safran n’est pas un antidépresseur.
La ménopause s’accompagne d’une chute des œstrogènes qui affecte directement la synthèse et la régulation de la sérotonine. C’est l’un des mécanismes explicatifs des sautes d’humeur, de l’irritabilité et du mal-être émotionnel fréquemment rapportés pendant cette transition.
Cette connexion biologique rend le safran particulièrement pertinent dans ce contexte. Deux études méritent d’être mentionnées :
Le mécanisme probable : le safran ne modifie pas les taux d’œstrogènes, mais pourrait, selon certaines hypothèses de recherche, agir sur les mécanismes sérotoninergiques affectés par la baisse hormonale, contribuant ainsi à accompagner l’équilibre émotionnel pendant cette période.
Tous les extraits de safran ne se valent pas. Moodreal® est un extrait breveté de stigmates de safran (Crocus sativus L.), standardisé et ayant fait l’objet d’études cliniques spécifiques sur les symptômes dépressifs légers et le stress émotionnel chez les femmes. C’est cet extrait qu’Inolab a choisi d’intégrer dans sa formule Menoform, aux côtés de Creapure® et de maca des Andes. Menoform sera disponible en boutique dès septembre 2026.
Le dosage de référence dans l’ensemble des études cliniques est 30 mg par jour d’extrait standardisé, généralement réparti en deux prises de 15 mg.
Deux précisions importantes sur la standardisation :
Sans standardisation documentée, il est impossible de savoir ce que l’on consomme réellement. La variabilité naturelle du safran est très importante selon la région de culture, la période de récolte et le procédé d’extraction. Un complément qui mentionne « extrait de safran » sans préciser ces teneurs ne permet pas de reproduire les conditions des études.
La durée minimale pour observer des effets est de 4 à 6 semaines de prise continue. Les études les plus solides portent sur 8 semaines.
Le profil de tolérance du safran, aux doses étudiées (30 mg/j d’extrait), est globalement favorable. Les effets indésirables rapportés dans les essais cliniques sont rares et bénins : légère somnolence, sécheresse buccale passagère, nausées légères en début de supplémentation.
Quelques précautions s’imposent néanmoins :
En dehors de ces situations, les données disponibles ne montrent pas d’effet néfaste pour une utilisation aux doses recommandées.
Plusieurs études cliniques suggèrent un effet sur des personnes présentant des épisodes de mal-être émotionnel passager. Elles ne concernent pas les situations nécessitant un suivi psychiatrique ou un traitement médicamenteux prescrit.
Dans les études cliniques, les améliorations sont mesurables à partir de 4 semaines de prise continue à 30 mg/j. Les effets les plus robustes sont observés à 6 à 8 semaines. Comme pour la plupart des actifs agissant sur la sérotonine, les effets ne sont pas immédiats et nécessitent une prise régulière.
Non, pas sans avis médical préalable. Le safran étant étudié pour son action potentielle sur la recapture de la sérotonine, son association avec des médicaments de type ISRS ou IRSN nécessite une supervision médicale pour éviter tout risque de syndrome sérotoninergique. Si vous êtes sous traitement antidépresseur, parlez-en à votre médecin avant de commencer une supplémentation.
Dans un plat, on utilise quelques filaments, soit quelques milligrammes de safran brut. Les études cliniques portent sur 30 mg par jour d’extrait concentré et standardisé, ce qui représente une quantité de principes actifs bien supérieure à ce qu’on ingère via l’alimentation. Le safran alimentaire n’a pas d’effet mesurable sur l’humeur.
Plusieurs études incluent des mesures d’anxiété (échelle HAM-A notamment) en plus des mesures de dépression. Les résultats sont positifs, bien que les données sur l’anxiété soient un peu moins nombreuses que sur la dépression. Le mécanisme impliquant les récepteurs GABA pourrait expliquer cet effet anxiolytique, mais des études dédiées de grande taille restent nécessaires.
Une étude clinique publiée en 2015 montre une réduction de la fréquence et de l’intensité des bouffées de chaleur chez des femmes ménopausées supplémentées en safran. Le mécanisme exact n’est pas entièrement élucidé, mais une action sur les mécanismes sérotoninergiques est évoquée par les chercheurs, la sérotonine étant connue pour son rôle dans la thermorégulation centrale.
Non. La qualité et la concentration en principes actifs varient considérablement selon l’origine du safran, le procédé d’extraction et la standardisation. Un extrait non standardisé ne permet pas de garantir un apport reproductible en safranal ou en crocines. Pour se rapprocher des conditions des études, il faut choisir un extrait documentant au minimum ≥2% de safranal et ≥5% de crocines, idéalement avec des données cliniques propres à la marque.
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